Gilles Capdivila

Auteur Science Fiction, Fantasy, Fantastique

Category: Au bout du stylo

Correction: un bilan intermédiaire

Dans mon travail…

Parce que non, je ne fais pas qu’écrire. Heureusement, d’ailleurs. Je mourrais de faim si tel était le cas.

Dans mon travail, donc, on réalise de temps en temps des rapports pour essayer de faire croire que, bon, on s’acquitte quand même plus ou moins de nos tâches, mine de rien. Dans ces rapports, toujours concis, parce qu’il ne faut pas en faire de trop non plus, on y inclut des chiffres et on y ajoute de jolis graphiques avec de jolies couleurs. Ils aiment bien ça dans le management.

Comme je me disais juste que ce serait pas mal de donner de mes nouvelles ici, pourquoi ne pas commettre un billet et vous faire frissoner avec un bilan des corrections en cours pour La Quête de Schrödinger,tout en chiffres et en images?

Papier consommé (encre comprise): 2,480 kg

Papier consommé

Le poids de l’écriture

J’avoue, je ne sais pas combien d’arbres ça peut représenter tout ça. Certainement moins que les pubs que je reçois dans ma boîte aux lettres chaque semaine. Cela dit, ça me réchauffera probablement l’hiver prochain.

Je sais que ça peut paraître vieux jeu pour certains, je pourrais écrire directement sur l’ordinateur. Eh bien, je n’y arrive pas. En tout cas, pas aussi bien. J’ai l’impression que je vois mieux les choses quand je le fais sur papier.

Stylos épuisés: 2,25

Stylos

C’est fou finalement la vitesse à laquelle l’encre disparait dans ces petits réservoirs.

Quand j’étais enfant, ou même étudiant, je croyais que ces choses là étaient éternelles. Ça ne se vidait jamais. En fait, je les perdais bien avant d’en voir la fin. Peut-être que je ne prenais pas suffisamment de notes, ou que j’étais trop tête en l’air.

Et soyons clair: pour la longévité, il faut rester dans le stylo à bille classique. Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête, mais j’en ai acheté un avec du gel en guise d’encre. Résultat: il n’a pas tenu plus de deux semaines et a directement fini dans la poubelle du train sans passer par ces statistiques extrêmement utiles.

Cahier vidé (ou presque): 1

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Bières consommées: inconnu

Bières

L’inspiration de l’écrivain

Je n’ai pas conservé tous les cadavres, désolé.

Les statistiques de notre traitement de texte préféré

Statistique libre office

Le million! Le million! Oh 977 977 caractères

 

Appareil photo blessé durant les prises de vue: 1

Appareil photo cassé

Aïe!

Voilà ce qui arrive quand on a les mains distraites. Cependant, il aurait pu  avoir plus de dégâts. Sur ce coup, je peux me réjouir d’avoir seulement une partie de l’écran LCD qui ne fonctionne plus, le choc ayant été amorti par… le pied. Finalement, je devrais peut-être penser à l’utiliser davantage avec les pieds. Faudrait que je m’entraîne mais je gage que la position ne serait pas évidente pour coller son oeil dans le viseur en même temps.

En conclusion

Accessoirement, des centaines de passages ont été réécrits et des milliers de lignes modifiées. Tout ça dans l’espoir d’obtenir quelque chose de meilleur.

Cela dit, les corrections ne sont toujours pas achevées. Comme je l’avais expliqué lors d’un précédent billet, j’écris et corrige beaucoup lors de mes trajet en train. Ces derniers jours, je dois dire que je n’ai pas avancé du tout, mon trajet ayant sauvagement été interrompu la semaine dernière par les attaques sur Bruxelles. Bien sûr, m’empêcher temporairement de prendre les transports en commun et d’écrire est un bien moindre préjudice et je ne m’en plaindrai pas. Toutefois, la voiture est mon amie depuis, mais il faudra bien que je retourne dans le métro un jour.

Je prévois tout de même d’en finir dans l’année.

Septembre, c’est la rentrée

Il y a peu, j’ai reçu une notification de la part de Facebook.

Pour ceux qui utilisent plus ou moins le réseau social, vous avez certainement déjà vu ce petit message qui apparaît sur votre mur et se targue de rafraîchir votre mémoire. Regardez, c’est ce que vous avez fait il y a pile deux ans. Et de faire resurgir une photo que vous croyiez définitivement perdue dans les limbes digitales.

Mais non!

Il s’agissait d’une photo que j’avais publiéeshrodi_cover il y a un deux trois ans. Et pas n’importe laquelle, puisque je faisais découvrir la couverture probable du roman de fantasy humoristique La Quête de Schrödinger (dessin de couverture réalisé par Benjamin Lucas qui doit aussi se demander après tout ce temps quand est-ce que ça va enfin être publié). Et c’est à  ce moment qu’intervient le coup de massue à l’arrière du crâne.

Celui qui vous assomme avec un petit rire narquois: «Héhé !» Oui, un enfoiré.

Celui qui fait mal sans le vouloir.

Trois ans!

Force m’a été de constater deux choses:

  1. Les corrections, ça prend sacrément du temps, en particulier quand on a tout de même d’autres choses à faire. Surtout quand on se dit: «Tiens, et si je relisais un peu, juste comme ça, pour voir.» Ça, vous savez, c’est un piège sans fin. Même si au final on a la satisfaction de se dire que c’est mieux maintenant, en fait quelques mois se sont évaporés comme si de rien n’était.
  2. Bon Dieu, mais que le temps passe vite!

Où en est-on maintenant? J’aurais bien aimé avoir une bonne nouvelle de ce côté là, mais le livre n’a pas encore été publié. Devinez un peu dans quelle phase il en est? Vous ne voyez pas? Vraiment? Un indice pour vous aider? Ça commence par C et finit par ORRECTION. Et je ne compte même plus le nombre de fois que j’ai imprimé, annoté, raturé, mangé dessus modifié. Oui, parce que sur l’ordinateur directement, je n’y arrive pas. Il me faut du temps, du calme et un stylo. Et de toutes façons, je ne l’allume pas assez souvent, pas pour ça en tout cas. Bien sûr, avec toutes ces feuilles, je ne suis pas convaincu que je vais sauver nos forêts tropicales, mais vous me le pardonnerez bien, hein.

Toutefois, parce que ce n’est quand même pas comme si je n’avais rien fait du tout même j’ai été longtemps silencieux (et que j’avais envie de donner une petite lumière d’espoir), je suis entre temps parvenu à achever un recueil de sept récits de science-fiction à tendance légèrement sombre. Je n’en dis pas plus sur le sujet, mais j’y reviendrai certainement plus tard. En fait, il se pourrait (et je dis bien: il se pourrait) qu’il soit publié par un éditeur avec lequel j’ai eu quelques contacts et qui a déjà montré son intérêt. J’attends la suite.

Tout ça pour dire que, oui, on est en Septembre (depuis quelques jours), les vacances sont finies (parce que oui, il y en a eu, c’était cette période pendant laquelle il n’y avait personne sur la route pour se rendre au travail), la rentrée littéraire est passée…

Et il est temps que je me bouge encore plus, si seulement c’est possible, ou que j’ajoute quelques heures à nos journées actuelles.

Des lignes et des rails

Ce n’est un secret pour personne, je ne suis pas un auteur très prolifique. Il suffit de voir ces quelques pages. J’écris quand j’ai le temps, l’inspiration et l’envie. Le peu de paramètres peut paraître anodin, cependant, pour que tous se trouvent une intersection commune au même moment, il peut parfois se passer longtemps: un jour, une semaine, un mois… un an. Le paramètre principal étant le temps.

Au fil des rails

Au fil des rails

Aujourd’hui, le problème du temps semble être résolu, du moins temporairement, autant que ma situation professionnelle actuelle. Cet élargissement du temps disponible a entraîné l’envie qui a ouvert la voie à l’inspiration. C’est beau quand tout s’enchaîne ainsi. Cela a été rendu possible par un trajet travail-domicile que j’effectue en train quasi quotidiennement matin et soir, fatigué par la voiture et les interminables embouteillages de la capitale belge.

Et on peut dire que du temps il y en a maintenant.

Une chose qu’il faut savoir: la compagnie ferroviaire belge n’est pas pressée. Quand les trains roulent, elle aime prendre son temps, accumuler le retard et bien sûr accuser des éléments extérieurs quand les causes sont annoncées. Bien sûr, c’est frustrant et énervant de l’emprunter tous les jours, surtout si l’on est tenu à une heure, mais cela peut devenir une bonne occasion pour prendre le temps d’observer le lent défilement d’un paysage où les murs de béton cèdent la place aux étendues vertes (ou l’inverse selon le sens dans lequel on se déplace), de croiser des regards bovins qui semblent dire: « Meuh alors, t’avances pas! » Mais surtout, cela me permet de dégager du temps pour écrire.

Écrire dans le train est une expérience assez étonnante. Pour tromper leur ennui, les voyageurs sont plutôt enclins à somnoler avec zèle, lire, regarder des séries sur tablettes, faire des mots croisés ou ne rien faire qu’observer les autres faire tout ça. Dans cette multitude, ceux qui écrivent sont denrée rare. Extrêmement rare. Pour tout dire, je n’ai pas souvenir d’avoir croisé d’autres spécimens. Toutefois, je ne pense pas être unique. Et c’est probablement pour cette raison qu’il s’agit d’une expérience singulière. Quand je sors mon stylo après être entré avec le flot des autres et trouvé une place avec tablette si possible, mon cahier ou mes feuilles imprimées, que je commence à noircir les pages, raturer, réécrire (parce que, oui, je fais aussi partie de ceux qui aiment mettre tout sur papier avant de copier au propre), lever les yeux vers quelque chose d’inexistant pour réfléchir au mot, à l’expression ou à la tournure de phrase qui fera mouche, je n’attire que des regards étonnés.

Je les vois ces coups d’œil curieux qui essaient de déchiffrer mon horrible écriture puis font semblant de rien. Je les vois et je dois dire que ça m’amuse. Cependant, j’attends toujours qu’un jour quelqu’un pousse la curiosité jusqu’à demander sur quoi je travaille, mais je rêve. En même temps, s’ils savaient que régulièrement je prends exemple sur eux pour décrire un personnage, un caractère, une situation… pas toujours honorant. Il s’agit tout de même d’un vivier riche, pas cher et très accessible.

Bref, j’écris à nouveau.

Sauf demain. Demain, je n’écris pas. Demain, c’est grève.

© 2018 Gilles Capdivila

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