Gilles Capdivila

Auteur Science Fiction, Fantasy, Fantastique

L’Effondrement de Khumsati

Le mal de crâne vint chercher Ganik jusque dans son inconscience et le sortit de sa léthargie. Il eut du mal à s’habituer à la lumière éclatante du soleil. Pris d’une soudaine panique, il voulut se lever sans tarder, mais son corps protesta et l’obligea à prendre un peu de temps. Il fit donc les choses en douceur et attendit que son malaise s’estompe pour se redresser.

Il observa les alentours pour voir où il avait atterri. Car, il avait bel et bien atterri. Peut-être pas dans les règles, mais c’était un fait. Et à première vue il était toujours vivant. La douleur lancinante dans son crâne qui irradiait depuis son cou jusque dans les muscles et articulations des épaules en certifiait. Pour autant qu’il pouvait en juger, il était parvenu à ne pas franchir les Limites et, après examen approfondi, tous ses membres répondaient à l’appel. Il devait encore éclaircir le mystère qui avait permis ce miracle.

Le Planant gisait tout de même à quelques pas de lui, suffisamment loin pour qu’il n’en voie que le bleu de la toile qui dépassait de derrière un monticule.

Il se leva. Le monde vacilla comme s’il souhaitait lui échapper. Ses jambes avaient du mal à le soutenir. Il se secoua et se ressaisit. Ce qu’il accomplissait était trop important pour s’accorder le droit de défaillir.

Serrant les dents, il marcha presque sans boiter en direction du Planant et des Limites. Il semblait qu’il avait été éjecté au loin par un prodige inexplicable. Ça paraissait impossible. Et pourtant, il était encore là.

Une bourrasque de vent chaud souleva une fine poussière et anima le Planant. Sa voile se gonfla en claquant. Un pan de tissu ondula selon un angle qui aurait dû être impossible. Ganik accéléra et constata enfin les dégâts avec un pincement au cœur. Et plus il avançait, plus le cas s’aggravait. L’appareil gisait tel un animal blessé. La toile était déchirée à plusieurs endroits, les tubes qui tendaient le tout avaient plié sous la violence du choc. L’un d’entre eux s’était même brisé. Le jeune homme s’accroupit avec une pointe de désespoir. Il caressa la toile en se demandant comment il allait retourner à Sand’ci après sa mission. Il avait promis d’y revenir, mais n’aurait pas la chance de pouvoir réaliser le chemin inverse avec le Planant.

Il se redressa, résigné, et plaça une main entre le soleil et ses yeux. Les Limites de Khumsati se trouvaient juste devant lui. Il n’avait jamais entendu dire que quelqu’un était déjà venu jusque-là et se demandait s’il était effectivement le premier à les observer. De toute façon, si ce n’était pas le cas, il faisait certainement partie d’un groupe restreint de privilégiés et il ne résista pas à l’envie de les admirer de plus près.

Il aperçut une ombre qui flottait devant ses yeux et tentait d’imiter ses mouvements. Quelque chose qu’il n’était pas capable d’identifier. Il s’en approcha, circonspect, prenant garde à ne pas tomber dans le vide.

Et se cogna à quelque chose d’invisible.

Il se frotta le front et approcha de nouveau avec prudence, les bras en avant pour éviter de se cogner encore. Il aperçut encore cette ombre étrange qui reproduisait ce qu’il faisait, comme un reflet déformé. Ses yeux firent le point. Il s’agissait bien de lui qui flottait devant quelque chose d’immense qui s’étendait au-delà de ce que la vue pouvait voir. Son monde s’arrêtait là, mais l’univers se poursuivait, mystérieux, inconnu, infini.

Voilà donc ce qu’étaient les Limites : une barrière qui enfermait son monde à l’intérieur de quelque chose de plus grand.

Et il avait vraisemblablement rebondi contre cette barrière.

Les paroles de Célas lui revinrent soudain à l’esprit. Maintenant qu’il avait joint les Limites, il ne lui manquait plus qu’à sauver le monde.

Cela semblait être une bonne idée. Mais comment devait-il s’y prendre ? Selon les indications du druide, il devait se laisser guider par son destin. Ce qu’il s’apprêtait à faire.

C’est ce moment que choisit la soirée pour s’établir. Le soleil, ce point fixe au loin, fut progressivement masqué. À la faveur d’une faible lueur nocturne, Ganik s’assit et mangea. Aujourd’hui, il ne pourrait rien faire de plus, à part attendre que son destin veuille bien lui indiquer le chemin à suivre. Très vite, la fatigue du voyage se manifesta, il s’allongea et s’endormit.

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2 Comments

  1. marie la marseille de belgique

    7 septembre 2015 at 21 h 32 min

    Je crois qu’on dit « ce héros » plutôt
    😉

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